Sous les étoiles et la chaleur de l’été

Francois Roger de Loraille
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La chaleur est de retour sur le domaine, écrasante, mais elle a heureusement été accompagnée d’un tourbillon de rires. Nous avons célébré notre fête annuelle avec toute la famille, un vrai bonheur de voir les enfants courir et de se retrouver le soir autour du feu pour regarder les étoiles. L’atmosphère paisible de la campagne est irremplaçable pour ces moments-là. La relève s’est d’ailleurs montrée précieuse : mes neveux m’ont aidé à installer des lampes et à gérer le bois, accomplissant en une demi-journée ce qui m’aurait pris des semaines.

Le départ de Maman à l’aube pour l’aéroport a laissé la maison un peu vide, mais je suis heureux car elle revient pour Noël ! Ces moments passés avec elle me relient à mes racines. C’est elle qui m’a transmis, avec mes grands-mères, les gestes premiers et les recettes qui soignent.

Le vert profond de nos tablées : le gâteau à l’ortie

Pour régaler la famille, j’ai préparé mon fameux gâteau à la farine d’ortie (Urtica dioica). C’est une véritable bombe minérale, riche en silice végétale, en fer et en acides aminés, parfaite pour recharger les organismes fatigués par l’été.

Voici comment procéder :

  • Conservez le pot de votre yaourt nature, qui servira de mesure.
  • Mélangez-le dans un saladier avec 3 œufs entiers, 1 cuillère à soupe de miel et un demi-pot d’huile de lin.
  • Incorporez 1 pot de farine de seigle (environ 50g), 2 pots de poudre d’ortie séchée (environ 100g) et une dose de bicarbonate de soude alimentaire.
  • Enfournez à 180°C pendant 35 à 40 minutes.

C’est un régal absolu, rustique et moelleux. Vous pouvez même ajouter au milieu une fine couche de confiture de fruits de votre choix.

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Vingt ans de transmission : la juste puissance de la camomille

Cet héritage familial m’a poussé à formuler, il y a une vingtaine d’années, un soin qui m’est infiniment cher. La semaine dernière, j’en ai coulé une nouvelle salve de plus d’une centaine de pots à l’atelier. Ce remède, c’est le Baume de Normandie. Les plantes qui le composent proviennent à 100 % du jardin de l’officine. On y retrouve notamment du chanvre ruderalis, de la lavande, de l’achillée et, bien sûr, l’incontournable camomille.

Je laisse mes huiles infuser lentement pendant six longues semaines au rythme des saisons. Cette macération n’est pas que poétique, c’est de la biochimie cutanée pure. L’infusion longue de la camomille permet d’en extraire l’alpha-bisabolol et le chamazulène, de puissants actifs anti-inflammatoires et antibactériens naturels, ainsi que de l’apigénine. En dermatologie, ces molécules sont documentées pour inhiber la libération des médiateurs de l’inflammation. Elles ordonnent à la peau de stopper l’incendie et d’accélérer la cicatrisation. Associée à l’action apaisante du chanvre ruderalis et au linalol de notre lavande, vous obtenez un véritable pansement végétal souverain.

L’épreuve du terrain : réparer sans s’arrêter

Quand on vit les mains dans la terre, le corps subit le quotidien. L’hiver dernier, en plein démarrage des semences, j’ai développé un énorme panaris sur la pliure d’une phalange. Refusant l’immobilisation stricte et les médicaments de synthèse, j’ai continué à travailler en appliquant mon baume fétiche en couche dense sous un pansement protecteur. Grâce à sa concentration exceptionnelle en actifs végétaux et à la puissance du bisabolol de la camomille, la barrière cutanée a tenu bon et les tissus se sont régénérés de façon spectaculaire.

C’est là que réside toute la philosophie paysanne : accompagner le terrain plutôt que de masquer les symptômes. Le Baume de Normandie protège et répare les peaux sèches, irritées ou abîmées, de la naissance jusqu’au grand âge. Il ne colle pas et ne parfume pas artificiellement, mais restaure le confort cutané.

La nouvelle fournée est en ligne à l’officine.

Herboristiquement vôtre,
Francois Roger de Loraille.

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