Le millepertuis fleurit le 24 juin — jour de la Saint-Jean, selon le calendrier catholique. Ce n’est pas une coïncidence que la tradition lui ait donné ce nom. Il fleurit à cette date avec une régularité qui ressemble à une promesse. Ses fleurs jaune vif s’étendent horizontalement pour absorber au maximum la lumière du soleil, comme la lavande et le romarin — ces plantes qui ne font rien à moitié.
On le trouve souvent dans des endroits qu’on ne cherche pas vraiment — près des voies ferrées, des terrains abandonnés, des décharges. Un soleil, quelques feuilles trouées de glandes translucides qui leur donnent cet aspect perforé visible à contre-jour — c’est lui. Les fleurs, frottées entre les doigts, dégagent une odeur résineuse et laissent une tache rouge — ce pigment caractéristique qui, selon la légende, représente le sang de saint Jean-Baptiste. Les chevaliers de Saint-Jean de Jérusalem l’utilisaient pour soigner les blessures sur les champs de bataille des croisades, il y a cinq cents ans avant notre ère. Une herbe à plaies, de tout temps.
Je vais être direct sur ce que cette plante a fait pour moi — parce que c’est la raison principale pour laquelle je tenais à en parler dans mon travail.
Pendant des années, j’ai lutté contre le papillomavirus. Des pics d’attaque tellement violents que j’ai dû passer plusieurs fois en chirurgie pour en gommer les stigmates. Le HPV n’a pas de traitement — dans environ 90% des cas, le système immunitaire l’élimine spontanément. Seulement, entre le stress chronique, la fatigue et les contrariétés qui ont marqué une grande partie de mon existence, mon système immunitaire était loin d’être au meilleur de lui-même. L’inflammation chronique avait pris le dessus.
J’ai pris le temps de contrôler mon alimentation, de travailler sur la gestion du stress, et je me suis concentré sur trois alliés : l’armoise commune, le millepertuis et le polypore versicolore. Pris en teinture-mère quotidiennement, avec un macérât huileux de millepertuis appliqué sur tout le corps pendant un an. Le virus s’est endormi. Les condylomes sont tombés. Deux ans plus tard, j’ai également été vacciné — sur recommandation de mon médecin et ami, le Dr Önody, spécialiste en gastroentérologie et chercheur sur le papilloma, avec qui j’ai souvent débattu de l’articulation entre médecine moderne et plantes médicinales. Nous avons trouvé un terrain d’entente sur les bénéfices du millepertuis. Je n’en suis pas surpris.
Ce qui se passe dans la plante est documenté. L’hyperforine et l’hypéricine — deux composés spécifiques du millepertuis — agissent sur les neurotransmetteurs du cerveau : sérotonine, dopamine, noradrénaline. Les études scientifiques sont claires là-dessus : le millepertuis est aussi efficace pour soulager les symptômes dépressifs, même chez les patients sévèrement atteints, que les antidépresseurs les plus couramment prescrits. Et sans effets secondaires à fortes doses de teinture — ce qu’aucun antidépresseur chimique ne peut revendiquer. Pour ceux qui souhaitent faire la transition depuis un traitement synthétique : il faut sevrer l’organisme de toute molécule pendant au moins deux mois avant de commencer. Pas de précipitation.
Sur les muscles et les nerfs, son action passe par les récepteurs GABA — ce neurotransmetteur inhibiteur qui favorise la relaxation musculaire en réduisant l’excitabilité nerveuse. Sciatique, névralgies, maux de dos, migraines — c’est là qu’il intervient avec efficacité, en interne comme en application huileuselocale.
Ce qu’il fait pour le corps — dans le détail
La dépression, l’anxiété et les troubles nerveux. 25 gouttes de teinture-mère une fois par jour en continu en interne. C’est une plante de fond — elle s’accumule dans l’organisme et ses effets s’installent progressivement. Pas un antidépresseur de choc, mais un régulateur profond et durable de l’humeur, sans les effets secondaires des molécules synthétiques.
Le virus de la grippe. 15 gouttes de teinture-mère trois fois par jour en interne. Son action antivirale complète l’action immunostimulante et aide le corps à combattre l’infection plus rapidement.
Le papillomavirus et le zona. 25 gouttes de teinture-mère une fois par jour pendant huit à douze mois en interne — c’est une cure longue, qui demande de la constance. Macérât huileux en application quotidienne sur les zones atteintes pour le travail en externe. C’est l’association des deux qui produit les meilleurs résultats dans mon expérience.
La sciatique, les maux de dos, les névralgies et les migraines. 25 gouttes de teinture-mère au besoin en interne. Macérât huileux en massage direct sur les zones douloureuses — pour les crampes, les douleurs nerveuses et les tensions profondes. Il détend la musculature et réduit l’excitabilité des nerfs en simultané.
Les plaies, brûlures et boutons de fièvre. Macérât huileux en application externe — antiseptique, cicatrisant, anti-inflammatoire. Il accélère la régénération des tissus et protège contre l’infection. Pour les boutons de fièvre, l’application dès les premiers picotements avant la formation de la vésicule est la plus efficace.
Les condylomes. Macérât huileux en application quotidienne sur la zone atteinte, en continu et sur la durée. Un usage à combiner systématiquement avec la prise en interne pour une action maximale.
Contre-indications importantes — et elles le sont vraiment : ne jamais associer le millepertuis avec des antidépresseurs. Il peut provoquer une photosensibilité cutanée après ingestion — évitez l’exposition au soleil pendant les cures. Les personnes atteintes du VIH ne peuvent pas l’utiliser. Les utilisatrices de contraceptifs hormonaux doivent impérativement l’éviter — il altère significativement l’action des molécules contraceptives et peut compromettre la protection contre la grossesse.
Herboristiquement vôtre,
François Roger de Loraille
