Avant, le dimanche soir c’était pour moi l’angoisse. La préparation de la semaine suivante, l’anxiété d’aller bosser avec des cons, qui ne respectaient pas mon travail; ainsi qu’un discourt de vie qui ne tenait plus vraiment sa place parmi la sphère sociale autour de laquelle je gravitais. Non, sans blagues, c’était vraiment pas agréable. A l’époque j’avais une petite auto-entreprise d’organisation évènementielle. Je cartonnais vraiment bien ! J’organisais des salons à Paris Expo, défilés pour des maisons de couture.. Ah! Et bon j’aimais bien mon métier car il me faisait rencontrer des tonnes de personnes, plus intéressantes les unes que les autres. Surtout lorsque c’était le salon des Vignerons..!

Mais même si j’étais content sur le moment, au fond de moi-même j’avais une sensation de gêne. Un mal-être qui se faisait ressentir par des ballonnements et des petites vagues de stress. Alors je suis conscient que je ne suis pas le seul à avoir eu de tel moment de panique. Encore aujourd’hui, même si moi j’ai radicalement changé de vie, il m’arrive assez fréquemment d’écouter mon entourage se plaindre des mêmes symptômes. J’ai eu beaucoup de chance de pouvoir trouver ma voie il y a maintenant un peu plus d’une quinzaine d’années. Bon, ma délivrance, elle n’est pas arrivée du jour au lendemain. J’ai du m’accrocher pendant un certain lapse de temps assez conséquent afin de me préparer. Cela, ne m’a pas empêcher de revoir certaines priorités, afin de pouvoir m‘accorder suffisamment de temps à étudier la science de la nature, du monde végétal. Bref, j’ai peu à peu laisser de la place à la nature, je me suis détaché doucement de mon travail en m’assurant que j’avais suffisamment de sous côté afin de me lancer. Mais me lancer dans quoi ?

Être herboriste ? Manque de bol, la régulation Française fait que je ne pouvais pas m’épanouir pleinement dans ce métier. Alors oui, produits disponibles à la vente, mais interdit de donner des conseils. Reprendre l’école et faire Pharma ? Un peu tard, et puis j’avais pas la force de retourner dans un système scolaire avec lequel j’avais eu beaucoup de mal. J’ai donc assisté à de nombreux workshops, fait des séminaires.. Et ai aussi voyagé. Je me suis rapproché des paysans, des paysans de beaucoup d’horizons, de préférences qui parlaient anglais 🙂 (Ca non plus c’était pas gagné).

Mais j’y suis arrivé ! La médecine folklorique, et toutes les choses se rapportant à la nature, sont le sel de ma vie. Depuis j’ai déménagé en Hongrie, je me suis établis comme petit agriculteur, je sème, je récolte, puis je transforme et vend mes potions. Il m’est difficile de tout expliquer, de savoir comment à certain moment j’ai pu gravir ces montagnes qui me paraissent si hautes… Il m’est aussi compliqué de mettre tout cela à plat, sur Facebook, sans passer pour un prétentieux aux yeux de certain.. Cet endroit peut être si hostile.

Mais je vous assure que de part le fait que mes intentions étaient claires, saines et réfléchies, cela m’a beaucoup aidé et m’a rendu certainement à un moment donné les choses plus faciles. Et puis, il y a eu beaucoup d’huile de coude, c’est c’est sur ! Cela fait cinq ans que je suis installé en Hongrie. Cinq ans que je vis dans un pays où non seulement mon métier n’est pas régulé au point de tout interdire, mais en plus pas loin de mon pays de naissance afin de rendre visite régulièrement à ma famille. J’y fabrique donc mes produits naturels, transmet mon savoir et dispose d’un cadre de vie qui fait que je ne vois que très rarement dans des situations impossibles. OK, sauf la langue… Car là, il faut vraiment en vouloir pour parler Hongrois.

Alors je sais pas si tout est compréhensible de votre coté, car il est vrai qu’un résumé de tant d’années de marche en quelques lignes c’est pas très idéal pour s’exprimer sur des dimanches angoissants qui deviennent agréables. Mais ce soir, j’avais envie de partager cette pensée que j’ai eu en bossant sur mon projet de livre. Et surtout, je tenais à ce que vous sachiez que s’il vous arrive de vous retrouver dans la même situation que moi à l’époque ou les dimanches c’était vraiment pas la joie, et bien dites-vous ceci :

J’essaye de faire ce qui me plait, ce qui me rend heureux au moins 1 jour par semaine. Je prends soin de moi, je laisse la place à la pensée positive, je crée un espace dans lequel je me sente bien, et je m’impose des limites. Ce temps, c’est le mien.

Pour moi cela a débouché sur un nouveau pays, une nouvelle vie et une claque au passé ! Mais dites vous bien que nous sommes tous différents, que j’en ai conscience, et qu’un tel changement radical n’est pas une obligation pour cultiver une bonne et belle vie !

Herboristiquement votre,

François.