Vivre généreusement est fortement présent dans la vie de nombreuses personnes. En tant qu’humain, notre conditionnement social – et souvent l’impulsion de nos cœurs – consiste à vivre généreusement en donnant généreusement. Et nous donnons la seule chose à laquelle nous avons un accès assuré en abondance : nous-mêmes. La générosité coule à travers nous et dans nos vies.

Nous donnons à la famille, les amis, les enfants, les membres de la communauté, et même aux étrangers dans le besoin. Beaucoup de personnes vivent généreusement en se donnant littéralement. Mais n’avons-nous pas besoin d’être aussi généreux avec nous-mêmes pour dire que nous vivons vraiment généreusement ? (Là, c’est la médecine par l’Aubépine qui me vient à l’esprit…)
Alors ! Supposons que nous prenions du temps pour nous-mêmes, sélectionnons des aliments spéciaux, achetions de nouveaux vêtements, offrions-nous un massage ou un week-end au spa.

Est-ce suffisant pour dire que nous vivons généreusement?

Plusieurs de mes professeurs, après m’avoir connu pendant un moment, m’ont dit que je n’étais pas généreux. Puisque je me fais un devoir de m’entourer, moi et tous ceux qui sont dans ma sphère, d’abondance, ce commentaire m’a vraiment pris au dépourvu. “Quoi”, ai-je demandé à mon prof, “tu veux dire?” Il m’a répondu “Je veux dire que vous vous réservez; vous vous retenez. Vous avez beaucoup plus à partager, beaucoup plus à faire. Et surtout à prendre…”

Vivre généreusement, comme l’entend mon professeur, c’est donner autant que possible de vous-même à tout ce que vous faites.  Alors j’ai bien compris où il voulait en venir. Par exemple : Il a toujours été important pour moi que personne ne se voit refuser l’accès à mon enseignement par manque d’argent. Mais j’ai vite découvert que donner mon enseignement n’était pas juste pour moi ou pour mes étudiants. Cela dévalue ma valeur. Cela dévalue la valeur de mon enseignement. Et cela dévalue la valeur de l’étudiant et diminue son estime de soi.

En Hongrie, une femme voulait assister à mon atelier. Elle ne pouvait pas payer, dit-elle, car elle vivait de sa propre terre et n’avait pas d’argent. Je lui ai demandé de me donner quelque chose d’aussi précieux que mon enseignement serait pour elle. Elle a assisté à l’atelier et est arrivée avec un panier fait à la main rempli de ses propres conserves, du miel de ses abeilles, des produits frais et d’un pull tricoté à la main. Sa générosité l’a renforcée et l’a laissée prête à recevoir. Elle a créé un espace en elle-même. Elle se débarrassa de la honte qui lui disait qu’elle n’avait rien. Elle est devenue libre de prendre abondamment de ce que j’ai offert. Dans ce cas, vivre généreusement signifiait pour moi ne pas donner, mais exiger que mon énergie soit rencontrée et ce, réciproquement.

Cependant, le troc ne marche pas toujours très bien.

Au lieu d’un paiement en argent, on me demande souvent d’accepter un travail maladroit et un artisanat qui ne me sert à rien. Du coup, comment puis-je vivre généreusement dans cette situation ? Comment puis-je obtenir, comment puis-je soutenir, l’abondance et la générosité de mes étudiants ?

Non pas en prenant de mon argent pour compenser leur manque, mais en suscitant et en soutenant leur propre valeur. Pas en leur facilitant la tâche, mais en rendant leur travail difficile. Je propose des journées de travail / apprentissage sans frais. Ceux qui ont soif de connaissances s’épanouissent lorsqu’on leur donne du travail et acceptent les corrections avec le sourire. Ceux qui n’utilisent pas mon enseignement évitent leurs tâches, se sentent maltraités lorsqu’ils sont corrigés, et abandonnent généralement et partent – me maudissant souvent.

Ainsi, vivre généreusement laisse la place à ceux qui sont réchauffés par mon feu et nourris par mes paroles et mes actions, tout en propulsant ceux qui se sentent “brûlés” par ma passion hors de ma vie.

Plus de joie pour tous (et surtout pour moi !)

Vivre généreusement vient de mon excès, pas de ma source. J’ai lu quelque part, mais impossible de remettre lamait sur cet article la phrase suivante : Donnez vos fleurs. Donnez vos feuilles. Donnez votre tige. Même donnez vos graines. Mais jamais, jamais, ne donnez vos racines.” 

J’ai donc choisi de vivre généreusement, de vivre passionnément. La terre est remplie de bénédictions. Chaque souffle est une danse à donner !

Herboristiquement Vôtre,

François.