Nous vivons dans une culture qui a oublié comment faire son deuil. Et pourtant, le chagrin est une partie essentielle de la vie humaine. C’est la pratique du deuil qui nous permettra de continuer à vivre pleinement après une grande perte. La médecine du chagrin, une fois pleinement expérimentée, est ce qui nous permet de guérir et de continuer notre marche sur la Terre avec notre esprit intact… ou presque. Au cour de ces dix dernières années, j’ai perdu sept êtres qui m’étaient très chers.

Et je peux vous dire que sans deuil, certaines parties de nous peuvent rester bloquées. Cela fait maintenant un an (anniversaire aujourd’hui) que ce deuil que je me refusais de vivre, s’est en premier temps traduit par une sciatique persistante puis changé en hernie discale. Je vous passe les détails de la chirurgie invasive et tous les autres traitements sans fins auxquels j’ai dû faire fasse. Mais revenons à nos moutons… Nous portons tous un chagrin unique dans notre vie et ses propres circonstances, nous sommes également en deuil collectif. Nous sommes peinés par de grandes choses, telles que la perte d’un être cher, ainsi que par des choses plus subtiles et silencieuses, la fin d’une époque ou la mort d’une partie de nous-mêmes. Nous vivons également un nouveau type de deuil alors que nous vivons à travers l’Anthropocène et que le monde qui nous entoure s’est affaibli de nombreuses façons. De plus en plus d’espèces disparaissent de notre planète chaque jour. Les paysages jadis intacts sur lesquels nous comptons et que nous entretenons depuis des millénaires disparaissent rapidement. Cette douleur est peut-être la plus grande de toutes et c’est à nous d’apprendre à vivre.

Les rituels du chagrin sont à la fois profondément personnel et totalement universel.

Bien que chaque culture comporte des rituels spécifiques aux personnes et aux lieux auxquels elles appartiennent, il existe de nombreux points communs qui les unissent et expriment quelque chose d’essentiel à notre humanité. Je vous encourage à découvrir et à explorer comment vos propres ancêtres ont vécu le deuil et la mort ritualisés. Ce sera différent pour chacun de nous.

Le chagrin n’est pas linéaire.

Cela ne commence ni ne finit de manière prévisible, fiable ou ordonnée. C’est comme un carillon qui résonne dans la brise – clairement audible au début, s’atténuant jusqu’à devenir presque imperceptible, puis retentissant à nouveau lorsque le vent le traverse. Le chagrin a quelque chose de sonore lorsque nous lui permettons de passer à travers nous. Je n’ai d’ailleurs trouvé à ce jour aucun autre remède suffisamment puissant pour l’accompagner que ceux de l’essence de fleur de cerisier et la teinture-mère de millepertuis.

Ces douces médecines favorisent un enthousiasme profond et une joie de vivre, m’aidant à ouvrir mon cœur dans une innocence presque enfantines. Elles encouragent une confiance profonde dans l’existence, une foi inébranlable dans l’importance de toutes les expériences et la capacité de croire en un nouveau départ. En libérant le doute et la négativité, ces miraculeuses m’aident à rafraîchir ma vie et à voir le potentiel merveilleux de tout ce qui est grand et petit. Mais là encore, il s’agit de moi… Ces fleurs m’appellent à ces aspects spécifiques de la vie. Pour vous ? Bien il faudra aller vers la fleur qui vous tant la main, qui vous attire ! 

Herboristiquement vôtre, 
François.